Gérard Mercier, parachutiste
Né en 1934 à Castelnau, Gérard MERCIER a connu la Seconde Guerre mondiale dans son enfance ; son père s’est battu pour la France. Adolescent, il travaille à ses côtés dans son entreprise de maçonnerie. « À mes 18 ans, l’activité a connu une baisse et je me suis retrouvé au chômage. Je me suis alors engagé chez les parachutistes. J’ai fait la guerre d’Algérie au sein du 11e bataillon de parachutistes de choc. J’ai fait mes classes puis un stage de guérilla en Corse en 1955, puis j’ai été parachuté en Algérie, en Tunisie, au Maroc, en Égypte, en Libye et en Jordanie. Au total, j’ai fait plus de 1 330 sauts. Je n’avais pas peur du vide car j’étais déjà habitué à monter sur la grue sans être attaché. » Composé de 92 hommes au départ, le bataillon en a perdu 37 en trois ans et demi de combat. « C’était très choquant de sauter alors que ça mitraillait en bas, se souvient-il. Le plus douloureux était de voir mourir mes collègues ».
Après la guerre, il reprend l’entreprise du bâtiment paternelle et devient réserviste pendant 45 ans. Il obtient la médaille du Mérite et accepte « avec honneur » la fonction de porte-drapeau de la Résistance puis de l’Union nationale des combattants. Il adhère aussi à l’Union nationale des parachutistes. « Je participe aux cérémonies patriotiques par respect pour ceux que j’ai laissés au combat, moi qui ai survécu. J’ai le devoir de mémoire dans la peau. Je sors jusqu’à 4 fois dans la même semaine ». Il apprécie fortement l’engagement des membres du Conseil Municipal des Jeunes lors de ces cérémonies. « Mais voir les violences actuelles (attaques au couteau, etc.) me dégoûte. Je regrette aussi que les casernes aient été démantelées ».