Cérémonie de la Victoire du 8 mai 2026 à Castelnau-le-Lez

Introduction de la page

Respectivement âgés de 92 et 96 ans, Gérard MERCIER et José ROMA participent à toutes les cérémonies patriotiques en tant que porte-drapeaux, le premier depuis 50 ans, le second depuis 40 ans. Ils témoignent de leur engagement.

Gérard Mercier, parachutiste

Né en 1934 à Castelnau, Gérard MERCIER a connu la Seconde Guerre mondiale dans son enfance ; son père s’est battu pour la France. Adolescent, il travaille à ses côtés dans son entreprise de maçonnerie. « À mes 18 ans, l’activité a connu une baisse et je me suis retrouvé au chômage. Je me suis alors engagé chez les parachutistes. J’ai fait la guerre d’Algérie au sein du 11e bataillon de parachutistes de choc. J’ai fait mes classes puis un stage de guérilla en Corse en 1955, puis j’ai été parachuté en Algérie, en Tunisie, au Maroc, en Égypte, en Libye et en Jordanie. Au total, j’ai fait plus de 1 330 sauts. Je n’avais pas peur du vide car j’étais déjà habitué à monter sur la grue sans être attaché. » Composé de 92 hommes au départ, le bataillon en a perdu 37 en trois ans et demi de combat. « C’était très choquant de sauter alors que ça mitraillait en bas, se souvient-il. Le plus douloureux était de voir mourir mes collègues ».

Après la guerre, il reprend l’entreprise du bâtiment paternelle et devient réserviste pendant 45 ans. Il obtient la médaille du Mérite et accepte « avec honneur » la fonction de porte-drapeau de la Résistance puis de l’Union nationale des combattants. Il adhère aussi à l’Union nationale des parachutistes. « Je participe aux cérémonies patriotiques par respect pour ceux que j’ai laissés au combat, moi qui ai survécu. J’ai le devoir de mémoire dans la peau. Je sors jusqu’à 4 fois dans la même semaine ». Il apprécie fortement l’engagement des membres du Conseil Municipal des Jeunes lors de ces cérémonies. « Mais voir les violences actuelles (attaques au couteau, etc.) me dégoûte. Je regrette aussi que les casernes aient été démantelées ».

Le porte drapeau castelnauvien Gérard Mercier
Le porte drapeau castelnauvien Gérard Mercier lors d'une cérémonie patriotique

José Roma, légionnaire

Né en 1930, José ROMA est un réfugié de la guerre d’Espagne. D’abord passé par un camp de reclassement à Tenes en Afrique du Nord, il part ensuite à Alger. Il va à l’école chez les Pères blancs de Notre-Dame d’Afrique. « Ils m’ont tout appris, à commencer par la langue et la culture françaises. »

Intégrant l’armée, il participe aux opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord au sein du 28e escadron du train, en tant que 1re classe, et fait un stage à la Légion étrangère. Rentré en France, il adhère à l’International Police Association et à l’association des anciens combattants du Crès.

« C’est l’amour de la France qui m’a donné envie d’être porte-drapeau. C’est un honneur et cela me permet de rencontrer et dialoguer avec des camarades anciens combattants appartenant à d’autres corps. J’ai été naturalisé français et j’ai choisi de ne garder que la nationalité française. Mon seul drapeau, c’est le drapeau bleu blanc rouge. »

Après avoir fait toute sa carrière dans l’imprimerie en tant que chef d’atelier, José ROMA est toujours hanté par les bombardements d’Alicante vécus enfant durant la guerre d’Espagne et par les atrocités de la guerre d’Algérie. « J’éprouve beaucoup de compassion pour les personnes qui vivent dans des pays en guerre actuellement, car je connais la terreur qu’elles ressentent. ».

Par Virginie Moreau

Le porte-drapeau José Roma
Le porte-drapeau castelnauvien José Roma