Naissance d’une vocation
Tout a commencé dans son enfance, à partir des années 1950, lorsqu’il passait son temps à faire des dessins au stylo bille. « J’ai ensuite pris goût à la peinture en me rendant seul dans les lieux d’art, vers l’âge de 15 ou 16 ans, indique-t-il. J’allais dans les galeries du centre-ville de Montpellier et bien sûr au Musée Fabre, où j’attendais avec impatience la rotation des collections. J’étais avide de découvrir encore et toujours de nouveaux tableaux. Mes maîtres en peinture étaient alors DALI, PICABIA, PICASSO, BRAQUE. J’achetais toutes les revues d’art ».
L’artiste en herbe fréquente également les ateliers d’artistes comme VERCHUREN. « Ces rencontres avec des peintres m’ont motivé à me mettre à la peinture à partir de 1966. En 1968, je décrochais ma première exposition », se souvient Gérard BRU.
Il peindra pendant longtemps en parallèle de son métier de technicien spécialisé dans les études de signalisation ferroviaire chez Alstom pour la SNCF, avant de devenir artiste professionnel à 50 ans. Il en retire une certaine forme de liberté : « Je n’ai jamais peint pour vivre, mais pour le plaisir de peindre. »
Des paysages entre abstraction et figuration
Devenu Parisien, il trouve définitivement son style en 1995 en se dirigeant vers une abstraction mêlée de figuration. Dans ses tableaux, à première vue abstraits, on reconnaît ici une bâtisse dans un champ, là un paysage de bord de mer. L’horizon ou le ciel permettent d’interpréter la scène.
Une couleur comme point de départ
« Quand je commence un tableau, je pense toute ma composition autour d’une couleur, qui sera la dernière que j’appliquerai sur la toile. » Tout le tableau est tourné vers cette couleur qui sera le point final et l’accomplissement de l’artiste. La palette chromatique de Gérard BRU est composée de couleurs vives. « En ce moment je travaille beaucoup sur le bleu cobalt. Auparavant c’était le rouge, et j’ai aussi eu une période jaune. »
Une âme poétique
Gérard BRU pense à des mots quand il peint. « Régulièrement, pendant que je peins, je m’interromps pour écrire des poésies sur des bouts de papier – que je perds souvent. Cela me détend. Quand je me remets à peindre, mes sensations sont plus fortes. Mes écrits n’ont sans doute pas de valeur littéraire, mais ils sont un vrai plaisir pour moi. Les gens qui visitent mon atelier sont toujours surpris de découvrir mes petits papiers. »
Le charme paisible de la nature
« Je ne travaille pas dans le gestuel mais dans la concentration organisée. Dans mes tableaux, je veux éviter le désordre, éviter le « trop », aller à l’essentiel. C’est ce qui m’apporte de la satisfaction » détaille ce peintre épris de calme et de tranquillité. « Mon imaginaire est constitué de nature, de paysages. J’ai un fort lien avec la nature. Elle est paisible, elle me correspond. »
Castelnau-le-Lez, son point d’ancrage
« Lorsque je vivais à Paris, je revenais régulièrement à Montpellier en vacances, et les paysages de la région m’ont toujours inspiré. Puis je suis revenu habiter dans le Sud, à Castelnau-le-Lez. C’est une ville-village très agréable. Ici je suis proche de tout : commerces, tram… ». Fréquentant les expositions du Musée Fabre, du Musée Paul-Valéry et la galerie Dock Sud à Sète, il partage pendant une quinzaine d’années un immense atelier avec deux autres artistes, Rosario Heins et Michel Soubeyrand, à Pérols. L’émulation y est intense, et la convivialité également.
Gérard BRU souhaite désormais travailler à Castelnau-le-Lez, où il vient de trouver un atelier dans le centre ancien. « J’aimerais y peindre et y recevoir les amateurs d’art et mes collègues artistes castelnauviens, comme Aurélie SALVAING, Philippe LOUBAT et bien d’autres… »