L'artiste castelnauvienne Nadège Féron devant l'un de ses tableaux

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Installée non loin de la Maison des Arts, l’artiste Nadège Féron, 38 ans, vit depuis de nombreuses années à Castelnau-le-Lez, où sa famille possédait des vignes. Elle axe ses créations autour de la nature tout en sensibilisant à la préservation de l’environnement.

Un art multifacette

La jeune femme s’est formée à l’histoire de l’art, de l’esthétique et des arts plastiques à l’université Paul-Valéry de Montpellier et a suivi des études en narration spéculative et bandes-dessinées à Bruxelles, en Belgique.

En 2023-2024, un voyage à vélo en Amérique latine avec son compagnon lui a fourni une source d’inspiration inépuisable. « J’en ai ramené des carnets de voyage réalisés à l’aquarelle et au style bille. Ce voyage ne cesse de m’inspirer », explique-t-elle.

Son expression artistique est protéiforme : peintures, fresques murales pour des commandes publiques ou des particuliers, sculptures en papier mâché, dessins au stylo bille, sérigraphies, cyanotypes…

 

Explorer le rapport de l’être humain à la nature

« Je représente la faune, la flore et beaucoup de personnages féminins qui symbolisent la mère Nature emplie de douceur, de bienveillance. Mais en seconde lecture, on remarque la présence de déchets que l’on ne voit pas au premier abord. C’est une trace de l’interaction entre l’être humain et l’environnement. La Nature veille sur nous, elle nous apporte ce dont nous avons besoin. Dans mes tableaux, j’invite à protéger et prendre soin du monde dans lequel nous vivons. »

Sa palette, emplie de bleu et d’orange, s’est élargie pour intégrer le violet. Les paysages nocturnes et les couchers de soleil s’invitent sur ses toiles. « Je m’intéresse aussi à la façon dont la lumière perce à travers la végétation, aux ombres. »

Adepte des promenades à vélo au fil des saisons, elle pratique le bivouac en pleine nature. Captant sur son carnet de croquis, à l’aquarelle, la faune et la flore régionales, elle les recrée ensuite sur la toile. Elle se promène souvent sur les berges du Lez, en bord de mer, dans les salines, pour saisir et restituer les reflets sur l’eau, la profusion de la végétation, le milieu aquatique et l’impact de l’action humaine sur la vie naturelle. Dans ses tableaux, d’autres paysages, plus exotiques, renvoient à l’Amérique latine.

 

S’affranchir des limites

Des résidences artistiques lui permettent de collaborer et d’échanger avec d’autres artistes. Lors d’une récente résidence à Boutonnet (le projet Mue par Incartade), elle a investi une pièce entière d’une maison, la parant de masques en papier mâché. Certains explorent les émotions, en lien avec le milieu végétal ou aquatique. Nadège Féron y « interroge notre capacité à fusionner avec le monde qui nous entoure, car nous sommes ce qui nous entoure ». D’autres masques, reprenant les codes de l’Amérique du Sud, sont comme des esprits rieurs ou effrayants.

La jeune femme s’investit beaucoup physiquement dans ses œuvres, qu’elle monte à 10 mètres de haut dans une nacelle ou sur un échafaudage pour réaliser une fresque murale, ou qu’elle scie des panneaux de bois. En témoignent les nombreux outils qui côtoient ses œuvres dans son atelier.

Elle indique : « J’aime toucher à tout, sans aucune limite. Travailler sur une fresque oblige à prendre du recul. C’est une autre façon d’approcher la peinture. Je m’adapte en fonction de la matière du mur et du contexte environnant. J’aime me lancer des défis, venir à bout des obstacles, me renouveler. » Nadège Feron anime également dans la région des ateliers par lesquels elle transmet sa double passion pour la peinture et pour la nature.

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Par Virginie Moreau

Suivez Nadège Féron sur Instagram @nadege_feron ou sur Facebook.
Contact :
nadege.feron@hotmail.fr

Fresque à Cabrières avec Dastorm