Expo / Claudie Sauvan, retour sur une œuvre en constante évolution au Kiasma

Jusqu’au 27 février 2026, la Ville de Castelnau-le-Lez retrace, au Kiasma, cinquante-cinq années de création par Claudie Sauvan (1941-2023), artiste castelnauvienne reconnue dans le milieu artistique. Une exposition posthume, orchestrée par sa famille, dont Pierre et Vincent Tourre, sa belle-fille et son filleul. L’œuvre de Claudie Sauvan s’articule autour de 5 techniques qu’elle pratiquait parfois en alternance. Visite de cette rétrospective.

Deux tableaux de Claudie Sauvan représentant des marines

Les Lagunes (1968-1990)

Claudie Sauvan crée d’abord les Lagunes lors de sa période bleue. Ces tableaux de facture classique, inspirés par son enfance à Carnon, témoignent de sa formation à l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier. Des tableaux figuratifs qui représentent l’étang de l’Or ou la place Saint-Marc, à Venise, dans des camaïeux de bleu, et où l’œil se perd dans la rêverie. Un nu et une nature morte font écho à deux genres très prisés dans l’histoire de l’art.

Les Tissages (1970-1985)

Les Tissages font entrer Claudie Sauvan pleinement dans l’abstraction et la matière. Ses formes rondes hypnotiques occupent l’espace telles des sculptures. Géométriques, elles ont une véritable présence, attirant le spectateur dans l’exploration des détails, tantôt vers le centre tantôt vers les bords, exerçant une sorte de fascination. Outre la forme ronde, sur certains tissages, des plis introduisent une part de mystère, par leur aspect organique.

Laine, corde, plastique… l’artiste récupère et entrelace, tissant ainsi une géographie de l’intime. Elle ajoute ici ou là des coquillages ramassés en bord de mer, intégrant l’environnement extérieur dans la matrice originelle. Les camaïeux de bleu, violet et vert dominent, à l’exception d’une œuvre carrée dans des tons marron-beige, qui invite à la méditation.

4 bâches carrées peintes par Claudie Sauvan

Les Bâches (1990-1996)

Puis, Claudie Sauvan est séduite par le mouvement Supports-Surfaces – fondé notamment par Claude Viallat et Vincent Bioulès – qui délaisse le châssis au profit de la toile libre. Elle peint alors des bâches très colorées où le rouge, le bleu, le vert, le jaune et le orange se côtoient. Privilégiant le geste, elle expérimente la libération du mouvement en n’étant plus cloisonnée par un quelconque cadre, sa seule contrainte étant le format carré qu’elle s’impose. L’abstraction règne dans ses Bâches, pures expressions de la couleur.

7 collages de Claudie Sauvan

Les Collages (1998 - 2023)

Mais l’artiste souhaite expérimenter une autre technique, basée une nouvelle fois sur la récupération de papiers, affiches, pages de magazines… Elle pratique le collage, déchire et recouvre, à la manière de Jacques Villeglé. Tourmentée par le décès de son fils aîné, son attrait pour la religion et la spiritualité est synthétisé dans ses créations. Des formes fantomatiques parsèment également ses œuvres. Une forte sensation de déchirement émane de ses collages.

Une cage à oiseau dans laquelle pendent des arêtes de poissons peintes dans des couleurs vives

Les Cages (2009-2023)

Durant les quatorze dernières années de son existence, Claudie Sauvan met en cage les restes de ses repas, après les avoir peints de couleurs très vives. Arêtes de poissons, os, squelettes d’animaux de toutes les couleurs sont suspendus dans des cages, comme autant de vestiges du règne animal. Ordinairement destinés à la poubelle, par ces installations, ces restes d’animaux et poissons prennent une dimension nouvelle et fascinante.

Le peintre Vincent Bioulès portant une veste rouge et un chapeau noir

Le mot de Vincent Bioulès

Présent lors du vernissage de l’exposition, le peintre montpelliérain Vincent Bioulès, qui fut l’un des membres fondateurs du groupe Supports/Surfaces, a accepté de nous confier son ressenti sur l’œuvre de Claudie Sauvan. Il souligne « la grande attention portée par Claudie Sauvan aux matériaux ». « Chaque fois qu’elle abordait des matériaux différents, elle leur faisait subir une transformation formelle remarquable ». Il souligne « la sensualité visuelle et tactile » de ses créations, ajoutant : « Son travail est tout à fait singulier. On sent les étapes du travail, on sent la présence de la main autant que celle de l’esprit ». 

Informations pratiques

Exposition visible du mardi au vendredi de 14h à 18h et le samedi de 9h à 12h30 (hors vacances scolaires), jusqu’au 27 février 2026.

Le Kiasma – 1, rue de la Crouzette. Entrée libre.

 

Retour sur un vernissage réussi !

L'architecte Pierre Tourre auprès d'une des Cages de son épouse, Claudie Sauvan

L’architecte Pierre Tourre auprès d’une des Cages de son épouse, Claudie Sauvan, avec un collage en arrière-plan.

Pierre Tourre Et Le Maire De Castelnau Le Lez

Pierre Tourre a fait visiter l’exposition au Maire de Castelnau-le-Lez

L'adjointe à la Culture de Castelnau-le-Lez devant des Tissages de Claudie Sauvan

Forte affluence lors du vernissage dédié à Claudie Sauvan, en présence de l’adjointe à la Culture de Castelnau-le-Lez